Description
Nestor, 2025, Gyps sculpté, peint à l’acrylique, socle en acier soudé et pièces mécaniques, 140 x 67 x 42 cm Prix d’atelier : 4000€
Il y a, dans Nestor, quelque chose d’un paradoxe incarné : une forme douce, presque organique, reposant sur une structure froide et menaçante. Un ventre orangé, vibrant, dont la main posée pourrait signifier la protection, le repli, l’attente ou la résistance. D’un simple geste sculpté, l’œuvre évoque la maternité autant que l’inquiétude.
L’ensemble frappe par son contraste formel : le gyps peint, lisse et lumineux, semble prêt à pulser, comme si la matière était tendue d’un souffle intérieur. Ce n’est pas un personnage, pas une figure identifiée, mais une présence : biomorphique, énigmatique, presque tendre. En-dessous, le socle noir, anguleux, fait de soudures apparentes et de fragments mécaniques, évoque une chaise d’interrogatoire, ou un autel improvisé dans un futur de bric et de broc.
Entre ces deux pôles le corps vibrant et le métal nu se loge une tension : celle de l’humain dans la machine, ou du sacré dans le rebut industriel. La sculpture semble à l’écoute. Elle ne parle pas, mais elle veille. Antenne silencieuse, témoin figé, elle capte ce qui bruisse en dehors du langage : les battements internes, les fuites de sens, le vacarme invisible de nos existences modernes.
« Nestor » est une sculpture en veille.
Un seuil.
Un corps en mutation.
Une voix qui n’a pas encore trouvé ses cordes.




