Torhild

4000,00

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Description

Torhild, 2025, Gyps sculpté, peint à l’acrylique, socle en acier soudé et pièces mécaniques, 122 x 45 x 45 cm
 Prix d’atelier : 4000€

“Le Rire Fossile” ou l’élégance gothique d’un effondrement pop
Plantée sur une table bricolée comme un exo squelette de fortune, la sculpture trône, grotesque et royale, à mi-chemin entre un vestige rituel et un avatar de cartoon passé à l’acide. Ce crâne sur dimensionné, noir mat comme un trou d’ombre, arbore une mâchoire figée dans un rictus exagéré. Il n’a pas de regard, mais deux orbites béantes qui avalent tout ce qu’on projette. Ce n’est plus un visage, c’est un masque funéraire pour une humanité qui aurait préféré rire plutôt que prier.
Le matériau dense, presque céramique dans sa brutalité minérale est contrebalancé par cette coiffe absurde : un pan de blanc pur, zébré d’un vert fluo, qui surgit comme un accident de la fête, un chapeau de clown tombé sur la tête d’un démon. Le cornu devient carnavalesque. Le diable est un jouet. La mort s’est déguisée pour qu’on l’aime un peu.
Mais c’est dans la bouche que tout se joue. Cette mâchoire rappelle les statues olmèques, les gargouilles, les skulls mexicains. On y devine des lignes de fracture, des veines, presque organiques, comme si la matière elle-même était en train de céder sous la pression de son propre sens.
Et que dire du socle, de cette table infernale dont les pieds sont faits de métal brut, de bois usé, de soudures visibles et d’outils détournés ? Elle devient complice du monstre. Un autel d’atelier. Une architecture du chaos fonctionnel. Elle évoque la débrouille des artistes, les coulisses de la création, les restes d’un monde où l’on fabrique encore avec les mains malgré tout.