Bianchi

4000,00

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Description

Bianchi, 2025, Gyps sculpté, colle de lapin teintée, socle en acier soudé et pièces mécaniques, 137 x 60 x 48 cm

Prix d’atelier : 4000€

Il y a, dans Bianchi, une ironie étrange, un sourire retenu dans la matière, un éclat turquoise qui masque une gravité souterraine. D’abord, on croit voir une créature douce, naïve, presque ludique : le cousin mutant d’un personnage de bande dessinée, échappé d’un studio d’animation marseillais où le réel aurait fondu.
Le gyps teinté prend ici des allures de peau synthétique. La colle de lapin y ajoute une transparence animale, une vibration presque archaïque, comme si l’œuvre portait encore l’odeur des rituels anciens. Le corps, courbé, tendre, semble interroger plus qu’il ne répond. Il ne protège pas il est protégé. Il attend, tout entier dans ce retrait.

On croit à l’insouciance, on y lit un sourire. Mais en s’approchant, quelque chose vacille : les yeux sont absents, ou peut-être aveugles ; la bouche n’est plus qu’une forme fondue, muette. Le corps est replié sur lui-même, et l’humour devient voile. On rit doucement, comme devant une créature un peu trop humaine pour être seulement drôle.
Le socle, quant à lui, semble voler la vedette. Assemblage brut, soudé, hybride, il ne relève pas du socle traditionnel mais d’une sculpture à part entière, une Tour de Tatlin à échelle intime, une structure cybernétique née d’un rêve de ferrailleur. Là où l’objet supérieur semble flotter, le socle ancre, pique, charge l’œuvre d’un déséquilibre latent. Il est l’ombre sous la lumière pastel.

En définitive, Bianchi ne propose pas une figure, mais une situation. Une tension silencieuse entre enfance et déclin, entre icône et rebut. Elle évoque ces croyances molles qu’on garde malgré tout, ces totems bricolés pour s’émouvoir encore, quand on ne croit